INNOVATION ET SOUVERAINETÉ SANITAIRE : LE DEFI AFRICAIN DU ONE HEALTH

 


    Le sommet de Lyon en France les 6 et 7 avril 2026 sur l’approche One Health, repose sur l’idée que la santé humaine, animale et environnementale sont interconnectées. Une idée particulièrement pertinente pour les pays africains où les maladies émergentes,  la dépendance aux ressources naturelles et la cohabitation avec la faune sont une réalité, avec un fait avéré : la dépendance sanitaire de l'Afrique.  Pour la classe scientifique africaine présente au One Health Summit,  il est temps de faire valoir les innovations, pourtant réelles, du continent pour une souveraineté sanitaire, suivant la voix tracée lors la pandémie du Covid19. 


       La maîtrise des plantes issue des connaissances traditionnelles et ancestrales de l'Afrique pendant la grande menace mondiale de la Covid19 est un bel exemple pour le développement de la souveraineté sanitaire des pays du continent.  

  Malgré des protocoles et des vaccins mis en place dans les pays développés, le bilan lourd chiffré en centaines de milliers de morts, laissé par la pandémie est en contraste net avec la résistance observée dans les pays d'Afrique subsaharienne.  A travers le continent,  les populations ont recherché des solutions dans la nature. Écorces, racines et feuilles ont constitué des réponses efficaces face à la menace. Des connaissances ancestrales issues de la médecine traditionnelle transmises au fil des générations, qui ont prouvé que l'Afrique est capable d'une production locale de solutions de santé.

   Le challenge est aujourd'hui de mettre en place des technologies adaptées au contexte africain pour une souveraineté et une indépendance sanitaire véritables. La souveraineté sanitaire est une véritable urgence,  d'après le Professeur Francine NTOUMI, Présidente de la Fondation congolaise pour la Recherche Médicale. Elle la définit comme cette《  capacité de protéger nos populations,  de décider de nous-mêmes et d'agir rapidement face aux crises. Elle ne doit pas être vue comme un concept politique abstrait 》.

      En pleine pandémie de Covid19, lorsque les chaînes d'approvisionnement mondiales ont été rompues, les pays qui n'arrivaient plus à produire les solutions nécessaires sont devenus les plus vulnérables. Cette vulnérabilité coûte très cher économiquement et socialement aux pays africains, d'où l'urgence de l'innovation.

      
     INNOVATION TECHNOLOGIQUE AFRICAINE




    L'innovation est la clé de la souveraineté sanitaire des pays africains. Pour le Pr Francine NTOUMI, 《 l'Afrique ne doit pas être un éternel consommateur des innovations venues d'ailleurs. Il faut développer des technologies adaptées aux contextes, des diagnostics rapides utilisables en zones rurales,  des solutions numériques accessibles,  des interventions robustes efficaces.  Produire localement des médicaments , des vaccins, des outils de diagnostic et de prévention》. 
     L’innovation est véritablement essentielle pour renforcer les systèmes de santé africains. Une innovation sur le plan technologique et biomédical à travers une surveillance épidémiologique grâce à l'Intelligence Artificielle et le big data, mais aussi la possibilité d'utilisation des drones pour les livraisons médicales, la Télémédecine dans les zones rurales, la production locale des vaccins et le développement de tests rapides adaptés aux réalités locales.
      Sur le plan social il faut aussi innover, à travers des approches communautaires de prévention et la mobilisation des savoirs traditionnels intégrés à la santé moderne.
      Pour le Professeur Issakha DIALLO, chef du Département de Santé publique à la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université Amadou Hampaté Ba au Sénégal,  l'innovation et la souveraineté sanitaire en Afrique 《doivent veiller à se faire avec les communautés locales. Les savoirs locaux ne devraient pas etre mis de côté. Il faut en outre trouver des mécanismes de valorisation de la médecine traditionnelle et de faire la co-innovation avec les communautés 》.
     L'urgence est aujourd'hui d'assurer une production pharmaceutique locale efficace et une formation des cadres pour avoir un capital humain conséquent. 
   
                             Line Renée ANABA 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

PAROLES DE FEMMES NÉGOCIATRICES

INITIATIVE COMIFAC/WWF : MOBILISATION DES FINANCEMENTS POUR LES FORÊTS BASSIN DU CONGO.

WAFIIQUAH YOUSSOUF, LA MODERATRICE DES NÉGOCIATRICES SUR LA ROUTE DE BONN